La haute-fidélité haut de gamme possède une catégorie de produits qui ne cherche pas seulement à améliorer une installation existante. Elle pousse certains principes d'ingénierie jusqu'à leurs limites, parfois au prix d'une complexité difficile à justifier dans une utilisation ordinaire. Le Goldmund Mimesis Statement appartient clairement à cette famille. Le constructeur suisse a présenté le 19 octobre son nouveau préamplificateur analogique de référence. L'appareil n'occupe pas un seul coffret. Il en utilise trois. Le premier accueille les circuits de préamplification et les commandes. Les deux autres contiennent les alimentations électriques, séparées pour les canaux gauche et droit. Goldmund entend ainsi limiter les interactions entre les circuits et réduire autant que possible le bruit pouvant affecter un signal analogique. L'ambition paraît simple : préserver le signal musical sans lui ajouter d'altération. La réalisation, elle, est beaucoup moins simple. Le Mimesis Statement associe une architecture symétrique, des circuits de régulation spécifiques et une nouvelle gestion du volume. Avec des prix rapportés qui dépassent largement ceux de la plupart des systèmes hi-fi complets, cette nouveauté s'adresse à un public particulièrement restreint. Son intérêt mérite néanmoins d'être examiné au-delà du luxe affiché. Il permet de comprendre jusqu'où un fabricant peut aller lorsqu'il fait de la maîtrise du bruit électrique sa priorité.

Pourquoi un préamplificateur a-t-il besoin de trois boîtiers ?

Dans une chaîne hi-fi traditionnelle, le préamplificateur remplit plusieurs fonctions. Il permet de choisir une source, de régler le volume et de préparer le signal destiné à l'amplificateur de puissance. Il ne fournit pas lui-même l'énergie nécessaire pour alimenter directement des enceintes passives. Cette distinction est importante. Le Mimesis Statement n'est pas un amplificateur intégré capable de remplacer toute l'électronique d'une installation. Il se situe entre les sources audio et les amplificateurs de puissance. Ses circuits manipulent des signaux électriques relativement faibles. Or ces signaux peuvent être sensibles aux perturbations provenant d'autres parties de l'appareil. Les alimentations électriques représentent notamment une source potentielle de bruit. Un constructeur peut chercher à maîtriser ce problème en choisissant soigneusement les composants, en filtrant l'alimentation ou en séparant les circuits à l'intérieur d'un même châssis. Goldmund va plus loin. Les alimentations quittent complètement le boîtier de préamplification. Chaque canal stéréo possède sa propre unité externe. L'approche vise à réduire les interactions électriques entre les deux voies et à éloigner certains éléments potentiellement perturbateurs des circuits audio. Trois châssis ne garantissent cependant pas, par leur simple présence, un meilleur son. Tout dépend de leur conception et de la qualité des circuits qu'ils contiennent.

Une architecture dual-mono poussée très loin

Le terme dual-mono désigne généralement une conception qui cherche à séparer les circuits des canaux gauche et droit. Dans un appareil stéréo, ces deux canaux doivent fonctionner simultanément tout en conservant les informations propres à chacun. Des interactions indésirables peuvent contribuer à la diaphonie, c'est-à-dire au passage d'une partie du signal d'un canal vers l'autre. Les fabricants cherchent donc à maintenir une séparation suffisante. Avec le Mimesis Statement, Goldmund associe deux alimentations dédiées à une conception interne symétrique. Les circuits audio des canaux sont organisés séparément. Le fabricant explique également avoir conçu des dispositifs spécifiques pour gérer la dissipation thermique et limiter les interactions sur les cartes électroniques. Cette séparation concerne l'alimentation, mais aussi certaines parties du trajet du signal. L'ensemble repose sur une idée cohérente. Plus les canaux sont indépendants, plus il devient possible de contrôler les perturbations communes. Mais la qualité finale ne dépend pas uniquement du degré de séparation physique. Un appareil compact bien conçu peut déjà obtenir des performances de diaphonie et de bruit excellentes. La question est donc de savoir quel gain mesurable apporte réellement cette nouvelle architecture par rapport aux meilleurs appareils conventionnels.

De nouvelles alimentations pour traquer le bruit

Goldmund explique avoir développé une nouvelle génération d'alimentations à régulation discrète. Dans ce contexte, le terme discret désigne l'emploi de composants électroniques individuels plutôt que de s'appuyer exclusivement sur des circuits intégrés de régulation. Le constructeur indique avoir ajouté plusieurs étages de stabilisation des tensions. L'objectif est de fournir aux circuits analogiques une énergie aussi régulière et propre que possible. Une tension d'alimentation imparfaitement régulée peut introduire certaines perturbations dans les étages audio. La conception du filtrage et la qualité de rejet de ces variations jouent donc un rôle. Mais un schéma de régulation plus complexe n'est pas automatiquement meilleur. Il faut examiner la manière dont le circuit réagit aux différentes fréquences, aux variations de charge et aux conditions d'utilisation. Les alimentations externes contribuent aussi à isoler des composants du reste de l'électronique. Sur le Mimesis Statement, les deux unités forment la partie inférieure de l'ensemble. Le préamplificateur proprement dit vient au-dessus dans les photographies officielles. La conception est spectaculaire. Reste à déterminer dans quelle mesure elle réduit effectivement les résidus de bruit par rapport à une solution plus compacte. Les spécifications du fabricant sont encourageantes, mais elles ne remplacent pas des mesures indépendantes.

Une nouvelle carte audio et un contrôle du volume repensé

Le projet ne consiste pas simplement à déplacer les alimentations. Goldmund affirme avoir redéveloppé les circuits du Mimesis Statement. Une nouvelle carte audio gère le trajet analogique du signal. Le système de réglage du volume a également fait l'objet d'une conception spécifique. Ce dernier élément mérite de l'attention. Dans un préamplificateur, modifier le volume ne consiste pas uniquement à afficher un nombre sur un écran. Le circuit doit atténuer le signal tout en conservant un équilibre satisfaisant entre les deux canaux. Selon la méthode utilisée, le contrôle de volume peut influencer le bruit, la distorsion et la précision de réglage. Les appareils les plus élaborés cherchent notamment à obtenir une bonne correspondance entre gauche et droite, y compris à faible niveau d'écoute. Goldmund n'a pas publié dans les sources examinées suffisamment de détails pour analyser complètement son nouveau dispositif. Le fabricant insiste néanmoins sur la séparation des fonctions de commande et du trajet audio. Cette approche permet de comprendre son objectif : éviter que l'électronique chargée de gérer l'interface utilisateur n'interfère inutilement avec les signaux musicaux. Ce principe est pertinent. Son avantage réel dépendra des performances obtenues dans les conditions d'utilisation.

Une réponse en fréquence allant jusqu'à 1,5 MHz

Parmi les chiffres annoncés, la réponse en fréquence est probablement le plus spectaculaire. Goldmund indique une bande passante de 0,2 Hz à 1,5 MHz, avec une tolérance de plus ou moins 3 dB. Il faut immédiatement éviter une confusion. L'oreille humaine n'entend pas les fréquences proches de 1,5 MHz. La plage audible est généralement située autour de 20 Hz à 20 kHz chez un jeune auditeur, avec une limite supérieure qui diminue souvent avec l'âge. Une bande passante électronique dépassant très largement cette zone ne signifie donc pas que l'on entendra directement les fréquences supplémentaires. Pour un concepteur, une large bande passante peut être associée à certains objectifs de comportement du circuit, notamment sa réponse aux variations rapides du signal. Cependant, elle demande aussi de maîtriser les questions de stabilité et les interactions avec d'autres équipements. L'étendue de la réponse en fréquence ne suffit pas à prouver la qualité sonore. Deux préamplificateurs peuvent présenter des bandes passantes très différentes tout en étant difficiles à distinguer à l'écoute dans des conditions contrôlées. Le chiffre de Goldmund illustre avant tout un choix d'ingénierie ambitieux. Sa pertinence audible reste une question distincte.

0,0002 % de distorsion : que signifie réellement ce chiffre ?

Goldmund annonce une distorsion harmonique totale additionnée au bruit, ou THD+N, de 0,0002 %. Cette valeur concerne une mesure effectuée entre une entrée asymétrique et une sortie asymétrique. Le constructeur publie également un résultat d'IMD+N de 0,0006 % dans cette configuration. La première mesure regroupe les composantes de distorsion harmonique et le bruit présents dans le signal. La seconde s'intéresse aux produits de distorsion d'intermodulation, associés au traitement simultané de plusieurs fréquences. Les deux indicateurs renseignent sur la propreté électronique du préamplificateur. Des valeurs faibles suggèrent que le circuit ajoute peu de composantes indésirables dans les conditions de mesure. Mais il faut faire attention à la manière dont ces résultats sont présentés. Un pourcentage extrêmement faible ne permet pas de déduire automatiquement un avantage audible proportionnel. La fréquence de test, le niveau du signal, la charge appliquée et les méthodes de mesure sont déterminants. Un résultat obtenu dans une configuration précise ne doit pas non plus être généralisé sans précaution à toutes les entrées et sorties. La hi-fi moderne connaît déjà des appareils affichant de très faibles niveaux de distorsion. Pour établir une supériorité technique, une comparaison rigoureuse doit donc porter sur les mêmes conditions.

Un rapport signal/bruit supérieur à 130 dB

Le fabricant annonce également un rapport signal/bruit supérieur à 130 dB pour l'entrée ligne. La valeur dépasse 138 dB lorsque la mesure utilise une pondération A. Ce dernier détail est important. La pondération A modifie la contribution des différentes fréquences afin de se rapprocher de certains aspects de la sensibilité auditive. Une mesure pondérée et une mesure non pondérée ne décrivent pas exactement la même chose. Il faut donc éviter de comparer leurs nombres sans tenir compte de la méthode. Sur le principe, un rapport signal/bruit élevé signifie que le niveau du signal utile est très supérieur à celui du bruit résiduel. C'est un objectif recherché dans un préamplificateur. Mais le résultat dépend également des autres éléments de la chaîne. Une source bruyante ou un amplificateur de puissance présentant son propre bruit ne devient pas silencieux grâce au seul remplacement du préamplificateur. Le comportement de l'ensemble compte davantage que les performances isolées d'un seul élément. Goldmund cherche à repousser les limites de son électronique. Reste à mesurer l'importance de cette progression dans une installation réelle.

Une connectique entièrement pensée pour les sources analogiques

Le Mimesis Statement n'a pas vocation à être un appareil tout-en-un. Il s'agit d'un préamplificateur analogique. What Hi-Fi? rapporte trois entrées symétriques XLR et plusieurs connexions asymétriques RCA. La description détaillée des possibilités RCA varie selon la manière de compter les connexions alternatives : certains articles évoquent sept entrées asymétriques, tandis que StereoNET distingue quatre entrées RCA et trois possibilités RCA associées aux entrées symétriques. Il ne faut donc pas en conclure qu'il est possible de brancher simultanément dix sources totalement indépendantes. Côté sortie, la presse spécialisée indique trois connexions XLR et trois connexions RCA. Des sorties destinées à l'enregistrement sont également mentionnées. L'objectif est de permettre l'intégration dans des installations analogiques complexes, avec plusieurs sources et amplificateurs. En revanche, les sources examinées ne présentent pas de convertisseur numérique-analogique intégré au Mimesis Statement. Pour utiliser un streamer ou un lecteur numérique, il faut donc disposer d'une sortie analogique adaptée ou d'un DAC externe. Une platine vinyle nécessitera de même un étage phono approprié. Cette conception spécialisée s'adresse à des amateurs qui préfèrent choisir séparément les composants de leur système.

Deux sorties Trigger pour commander des amplificateurs de puissance

Goldmund ajoute deux sorties de déclenchement électrique, appelées Trigger Out. Elles fonctionnent avec un signal commutant entre 0 et 12 V. Le principe est simple. Lorsque le préamplificateur est allumé ou placé en veille, il peut transmettre une instruction électrique à des amplificateurs compatibles. Cette fonction facilite la gestion d'une installation composée de plusieurs appareils. Au lieu d'allumer manuellement chaque unité, l'utilisateur peut synchroniser certaines opérations. Goldmund évoque notamment ses amplificateurs Telos 8800 et Telos 9800. Dans un système utilisant deux blocs monophoniques de puissance, cette fonction peut être pratique. Elle ne change pas directement les performances acoustiques du préamplificateur. Elle répond plutôt à une contrainte d'ergonomie. Les installations hi-fi extrêmement haut de gamme peuvent comprendre de nombreux châssis, parfois installés dans des meubles distincts. Simplifier leur mise en service possède donc une utilité réelle. Il faut néanmoins vérifier la compatibilité électrique des équipements avant de relier leurs connexions de commande.

Un design suisse qui affiche sa complexité

Le Mimesis Statement conserve les codes esthétiques de Goldmund. Les coffrets sont massifs, géométriques et dominés par une finition métallique claire. La façade de l'unité supérieure intègre un affichage sous verre et des commandes à finition métallique. Deux grands boutons se trouvent de part et d'autre de la zone centrale. Une fine ligne dorée court sur les trois châssis. Elle crée une continuité visuelle entre des unités que l'architecture électronique cherche précisément à séparer. Le résultat ressemble davantage à un objet de collection qu'à un appareil discret destiné à disparaître dans un meuble. Cette dimension fait partie du positionnement de Goldmund. Le constructeur fabrique des équipements dont la mécanique, la finition et l'apparence sont des éléments essentiels. Mais le choix de trois boîtiers impose aussi des contraintes pratiques. L'utilisateur doit disposer d'un support adapté à l'encombrement et au poids du système. Il faut prévoir le passage des câbles, l'accès aux connecteurs et une ventilation conforme aux recommandations du fabricant. Les images promotionnelles montrent les châssis empilés. L'installation finale doit néanmoins respecter la documentation technique plutôt que de se fier uniquement à l'apparence de ces images.

Combien coûte le Mimesis Statement ?

Le prix place le Mimesis Statement dans une catégorie pratiquement inaccessible au grand public. What Hi-Fi? annonce un montant de 220 000 livres sterling. StereoNET publie de son côté un prix de 240 000 dollars américains, accompagné d'une indication de 182 000 livres. Ces données ne concordent pas suffisamment pour retenir un tarif unique au Royaume-Uni. Elles peuvent refléter des conditions commerciales ou des marchés différents, sans que les sources permettent d'établir précisément la cause de l'écart. Aucun prix public français officiel et recoupé n'a été identifié dans les informations examinées. Il serait donc trompeur de convertir arbitrairement l'un de ces montants en euros pour annoncer un prix France. Une chose ne fait néanmoins aucun doute : Goldmund vise le sommet du marché de la haute-fidélité de luxe. Et ce tarif ne concerne que le préamplificateur. Il faut ajouter les amplificateurs de puissance, les enceintes et les sources. Dans son reportage au siège de Goldmund, What Hi-Fi? décrit un système de démonstration réunissant le Mimesis Statement, des blocs Telos 9800 et des enceintes Theia Passive. Le coût de l'installation complète atteint alors un niveau bien supérieur à celui du seul préamplificateur.

Les premières écoutes ne remplacent pas un test indépendant

Plusieurs journalistes spécialisés ont assisté à la présentation genevoise. Ils ont pu découvrir la conception du produit et entendre un système complet utilisant les électroniques Goldmund. C'est une occasion utile pour comprendre les intentions des ingénieurs. Mais une démonstration organisée par le fabricant ne constitue pas une comparaison indépendante exhaustive. Les conditions d'écoute sont choisies autour d'un ensemble spécifique. Les enceintes, la salle et les autres composants influencent fortement le résultat. What Hi-Fi? indique d'ailleurs que la pièce de démonstration n'était pas entièrement finalisée au moment de sa visite. Son journaliste refuse de tirer des conclusions définitives avant un essai dans des conditions mieux maîtrisées. Cette prudence est justifiée. Pour savoir ce que le Mimesis Statement apporte réellement, il faudrait comparer ses performances à celles d'autres préamplificateurs de haut niveau. Il faudrait également examiner la possibilité d'identifier les différences à l'écoute lorsque les niveaux sonores sont correctement égalisés. Les chiffres publiés témoignent d'une ambition technique considérable. Ils ne constituent pas une preuve indépendante que chaque auditeur percevra une amélioration.

Le prix du luxe peut-il se justifier par les seules mesures ?

Le Mimesis Statement pose une question récurrente dans la haute-fidélité extrême. À partir de quel niveau les améliorations mesurables deviennent-elles suffisamment faibles pour ne plus constituer le principal argument d'achat ? Les performances annoncées par Goldmund sont remarquables sur le papier. Mais elles se situent dans un domaine où d'autres électroniques modernes peuvent déjà afficher un bruit et une distorsion très faibles. Le gain audible supplémentaire n'est donc pas automatiquement proportionnel au prix. Cela ne signifie pas que la conception du Goldmund est inutile. La qualité de construction, la précision mécanique et la stabilité électrique peuvent représenter des objectifs légitimes. Le prestige, la finition et l'exclusivité entrent également dans les motivations d'achat sur ce segment. Le problème apparaît lorsque ces dimensions sont confondues. Une architecture plus complexe possède un coût. Une fabrication raffinée possède aussi un coût. Mais ni l'une ni l'autre ne prouve à elle seule qu'un appareil reproduit la musique avec davantage de fidélité perceptible qu'une alternative beaucoup moins chère. Cette distinction permet d'apprécier l'ingénierie sans transformer le tarif en indicateur automatique de qualité sonore.

Goldmund poursuit sa quête de transparence

Depuis plusieurs décennies, Goldmund défend une approche de la reproduction sonore fondée sur la précision du signal. Le Mimesis Statement s'inscrit dans cette philosophie. Le constructeur ne cherche pas à donner une coloration chaleureuse ou spectaculaire à l'enregistrement. Il revendique plutôt la volonté de réduire autant que possible les altérations introduites par l'électronique. C'est dans cet esprit qu'il développe une architecture à alimentations séparées, une carte audio spécifique et un système de réglage du volume redessiné. Les nombreux choix techniques suivent une logique commune. Le produit vise à limiter les perturbations entre les différents circuits et à maintenir des conditions de fonctionnement stables. Les résultats annoncés en bande passante, bruit et distorsion sont cohérents avec cette intention. Mais les performances devront être mises à l'épreuve par des mesures indépendantes. La transparence sonore est un objectif technique exigeant. Elle ne se résume pas au nombre de châssis ou à la rareté des composants. Elle dépend finalement de la fidélité avec laquelle le système complet reproduit le signal d'origine.

Un objet d'ingénierie fascinant, dont la valeur sonore reste à établir

Le Goldmund Mimesis Statement est un appareil inhabituel, même dans le monde de la haute-fidélité haut de gamme. Il utilise trois châssis pour une fonction que de nombreux préamplificateurs remplissent dans un seul boîtier. Ses deux alimentations indépendantes et sa conception interne symétrique illustrent une recherche poussée de séparation électrique. Ses chiffres de distorsion et de bruit sont particulièrement ambitieux. Son design revendique une identité luxueuse immédiatement reconnaissable. Et son prix le réserve à une clientèle très limitée. Le constructeur a donc réussi à produire un objet qui attire l'attention autant par son architecture que par sa présence visuelle. Pour autant, la question la plus intéressante reste ouverte. Cette complexité permettra-t-elle d'entendre une différence face à d'autres préamplificateurs déjà très performants ? Il faudra des essais comparatifs et des mesures rigoureuses pour répondre. Le Mimesis Statement n'a pas besoin de devenir une recommandation universelle pour présenter un intérêt. Il constitue une démonstration de la manière dont Goldmund interprète aujourd'hui la haute-fidélité sans compromis. La prochaine étape sera de déterminer où se situe la frontière entre excellence électronique, bénéfice acoustique réel et objet de luxe. À plusieurs centaines de milliers d'euros, cette distinction n'a rien d'accessoire.